RECONDUIT A LA TETE DE LA CCIT : Germain Essohouna Mèba, l’homme des actions

Publié le par lanouvellemarche

Germain Essohouna Mèba qui a vu son mandat renouvelé le 22 décembre 2016 à la tête de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo (CCIT) prend déjà des initiatives entrant dans le cadre de l’amélioration des conditions de vie et de travail des Togolais. On se souvient qu’à son élection, il affirmait que : « Le taux d’industrialisation prouve que l’économie togolaise n’est pas soutenue par un secteur industriel avéré.

Nous allons travailler dans ce sens pour avoir de petites industries et que les opérateurs sortent du secteur informel pour s’intéresser au secteur industriel », avant d’ajouter que : « Nous allons doter à l’interne un financement d’un milliard de francs CFA en vue d’expérimenter un fonds de garantie permettant de discuter avec les banques ». Il laissait entendre que le mandat sera également consacré à travailler avec les acteurs qui favorisent l’émergence d’une nouvelle classe économique.

C’est dans ce sens qu’il y a quelques semaines, Germain Essohouna Meba accompagnée de Bernadette Legzim-Balouki, la ministre du Commerce a posé la première pierre de cette école de formation aux métiers de bouche. C’est dire que le Togo disposera d’ici 18 mois d’une école de formation aux métiers de bouche. Elle se trouve à Adetikopé à une quinzaine de kilomètres de Lomé.

Le centre, d’une superficie de 11 hectares, bénéficie d’un financement de la Chambre de commerce de Rouen (France) et des Chambres consulaires Africaines et francophones (CPCCAF). Germain Essohouna Meba a précisé que l’école formerait du personnel destiné aux hôtels et au secteur de la restauration. Dans le passé, le Togo disposait d’une école hôtelière située dans les locaux de l’actuel Ibis Lomé Centre. Ce projet fait partie d’un Germain Essohouna Meba, un homme de réseaux.

PDG de la société d'informatique Cib-Inta, président de la Chambre de commerce et d'industrie et proche du chef de l'État, Germain Essohouna Meba est l'un des patrons les plus influents du pays. À 55 ans, Germain Essohouna Meba dirige l’une des plus anciennes sociétés d’informatique du pays, Cib-Inta, et, depuis octobre 2014, il a été élu à la tête de la Chambre de commerce et d’industrie du pays (CCIT), dont il était jusqu’alors le premier vice-président. « J’ai compris très tôt que mon avenir serait dans l’auto entrepreneuriat », aime à rappeler le self-made-man. Il vient également, le 19 novembre, de prendre la présidence de la Conférence permanente des chambres consulaires africaines et francophones en remplacement d’Albert Yuma (RD Congo).

À douze ans, alors que ses camarades occupent leur temps libre à jouer au foot, Germain Meba aide sa mère à élever des cochons qu’il vend à de grandes boucheries jusqu’à 25 000 F CFA par tête (environ 40 euros), une belle somme à l’époque.

Il obtient brillamment son baccalauréat en 1986, commence ses études supérieures à l’université de Lomé (ex-université du Bénin) et à celle d’Abomey-Calavi (à Cotonou), puis, en 1988, bénéficie d’une bourse du gouvernement togolais, qui lui permet d’aller étudier l’informatique à Toulouse, dans le sud-ouest de la France – un cursus qu’il complétera plus tard par un master en Inde. Le jeune diplômé fait le pari risqué de rentrer à Lomé dès 1992, en pleine période d’instabilité politique. « Nombre de mes amis ont tout fait pour m’en dissuader, mais je sentais bien que mon avenir était au Togo », explique-t-il.

Compte tenu du contexte sociopolitique et économique, les premières années du retour sont difficiles. Germain Meba ne regrette pas son choix pour autant. Il devient professeur au lycée technique d’Adidogomé (banlieue de Lomé) et à l’École nationale d’administration (ENA). « À cette époque, j’ai cependant toujours gardé en tête l’objectif de créer ma propre boîte », souligne-t-il.

En 1996, alors qu’il était contractuel au ministère du Plan, où il était chargé d’automatiser un programme d’investissements publics et son budget, l’une de ses connaissances de la diaspora confie à Germain Meba la gestion d’une société de fourniture de matériels et solutions informatiques à Lomé. Les affaires marchent bien et, rapidement, Germain Meba décide d’enfin sauter le pas et de se mettre à son compte.

La création de Cib-Inta

Dès l’année suivante, avec un apport d’environ 1,2 million de F CFA (près de 2 000 euros), somme qu’il a pu mettre de côté notamment grâce à un contrat de consultation sur un projet de la Banque mondiale, l’entrepreneur crée Carrefour Informatique Bureautique (CIB). La société emploie aujourd’hui plus de 500 personnes et compte une centaine d’implantations à travers le pays : elle est présente dans toutes les grandes villes togolaises et poursuit son expansion dans des localités moyennes et reculées.

Outre la fourniture de matériel et de solutions informatiques, l’entreprise s’est dotée d’un centre de formation, l’Institut des nouvelles technologies appliquées (Cib-Inta), avec des filières pour les étudiants en informatique, en communication et management des entreprises, en partenariat avec la Sikkim Manipal University, une université indienne reconnue pour ses formations pointues dans les nouvelles technologies, et l’Indian Institute of Hardware Technology (IIHT).

Dans ses centres de Lomé, de Kara et de Sokodé, tous équipés de salles informatiques, la structure dispense des cours de niveau licence, master et brevet de technicien supérieur (BTS), et à Lomé, Kpalimé, Atakpamé, Sokodé, Kara et Dapaong, des formations au brevet de technicien (BT) ainsi que des formations professionnelles à la carte, y compris par cours du soir.

Il est notamment fournisseur d’accès internet de Togo Telecom et a développé des activités dans le domaine du transfert de fonds. Par ailleurs, Cib-Inta a diversifié ses services. Il est notamment fournisseur d’accès internet de Togo Telecom et a développé des activités dans le domaine du transfert de fonds, national et international, sur toute l’étendue du territoire (Chrono Cash, Flooz, Wari) et qui couvrent plus de 80 % des opérations de ce secteur dans le pays.

Élu député en 2013 sous l’étiquette de l’Union pour la République (Unir, au pouvoir), Germain Meba refuse cependant d’être considéré comme un homme politique. Malgré son mandat parlementaire et ses fonctions à la CCIT, ce protestant père de quatre enfants accorde encore la plus grande partie de son temps à son entreprise. Son amitié avec le chef de l’État – qu’il considère comme « l’homme providentiel pour rassembler les Togolais » – remonte à 1998, à l’époque où CIB, qu’il venait de créer, traversait une passe particulièrement difficile, et où Faure Gnassingbé était encore inconnu du commun des Togolais.

Ce dernier a alors sauvé la jeune entreprise en lui permettant d’obtenir un prêt pour répondre à un appel d’offres. « Lorsque je suis allé le remercier pour son geste, se souvient Germain Meba, Faure Gnassingbé m’a juste répondu qu’il l’aurait fait pour n’importe quel autre compatriote passionné par son métier. »

Edmond D'Almeida

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