A la découverte de l'exceptionnel Robert Gbian

Publié le par LA NOUVELLE MARCHE

À deux ans de la présidentielle de mars 2016, il était le favori toutes catégories confondues. Son aura était si forte que l'actuel président Patrice Talon alors en exil forcé ne jurait pour son retour au pays que par l'arrivée au pouvoir de  celui qu'il appelait grand frère Robert Gbian. Il n'en fallait pas plus pour que l'ancien président Boni Yayi, qui caressait en sourdine l'éventualité d'un troisième mandat, le prenne pour cible pour ce qu'il appelait son impatience à prendre sa place.

Il était objet de toutes sortes d'attaques de la part des barons de l'ancien régime. Pour le fatiguer dans son fief, la commune de Bembèrèkè, Boni Yayi passé maître dans cet art, nommait à tour de bras tout ce qui pouvait l'aider à donner un certain état d'âme à la côte ascendante du général. Pour autant, le fils du roi Gbian d'Ina, Robert, n'avait jamais pipémot à l'encontre de son ancien bienfaiteur pour lui avoir fait porter le grade de général.

 

Il était présenté par les nouveaux riches de Yayi comme le candidat de l'ennemi juré de celui-ci, Patrice Talon. Même si dans la réalité, le favori de l'époque, n'avait jamais pris un franc de celui dont on disait qu'il était le candidat. Le Gbian a tout subi de Yayi pour ses affinités supposées avec Talon. Mais il aura fallu que le régime Yayi vide le réservoir de la délation, du mensonge de son contenu, le gaz oil pour de l'essence super pour enfin parvenir à entamer l'aura du général Gbian. On était à quelques mois des législatives de 2015. Entre-temps, l'Alliance Soleil vit le jour et ses membres, pour escroquer le généreux candidat et profiter de son aura, le portèrent à la présidence de ladite Alliance.

 

Les anciens ministres comme Sacca Lafia devenu ennemi juré du président Yayi, en étaient les maîtres à penser. Tout annonçait la victoire du général Gbian en 2016. Mais comme Yayi y voyait un éventuel retour sur scène de Patrice Talon, il jura que stratégiquement tout se jouerait sur ces législatives. Un Gbian battu dans son propre fief gripperait son aura. Il fallait mettre toute la puissance publique au profit des Fcbe contre l'Alliance Soleil dans le Septentrion et plus précisément dans la commune de Bembèrèkè où le ministre Théophile Yarou, nommé par Yayi pour les besoins de la cause, avait été pour la circonstance, gavé de ressources financières pour contrer les avancées de l'Alliance Soleil.

 

 Mais cela ne suffisait pas pour venir à bout d'un Gbian trop aimé. Il a fallu que Yayi lui-même descende sur le terrain, ruse avec les populations en promettant à celles-ci, le recrutement de leurs enfants dans les douanes si les Fcbe venaient à écraser l'Alliance Soleil. Et le coup marchât. Au décompte final, le résultat de Gbian ne reflétait pas la promesse des fleurs. Pour Patrice Talon, Gbian n'était plus d'étoffe à incarner ses espoirs. Et c'est de là que l'idée de se porter lui-même candidat a commencé à germer dans la tête de ce dernier. Mais entre-temps, il faut reconnaître que la haine de Yayi contre Gbian s'est accentuée quand ce dernier a prêté sa voix, et par la même occasion, certaines de l'Alliance Soleil, à Houngbédji contre Komi Koutché à l'élection de la présidence de l'Assemblée nationale.

 

Voilà comment, sans les moyens adéquats, le candidat affaibli par tous les coups du mentor et ennemi Yayi, s'est lancé à son corps défendant dans la campagne avec toujours pour adversaire dans sa circonscription électorale du Yayi cagoulé en Zinsou. Aujourd'hui et malgré tout, le digne fils baatonu est resté fidèle à son option de ralliement à Talon au second tour de la présidentielle. Sa position au vote comptant pour la révision de la constitution montre combien il sait tenir parole même si tout va contre ses intérêts et surtout ceux de ses proches.

 

Grosso modo, on retiendra du député Gbian qu'il reste un des rares politiques béninois à réussir à concilier honneur, sagesse, engagement politique dans ce monde où seuls les coups bas font malheureusement les grands politiciens.

Si un jour, le Bénin voulait d'un président vertueux, bon père de famille pour l'unité de la famille béninoise, on peut se demander si le général Gbian n'est pas avec le recul, l'oiseau rare.

 

Aboubakar TAKOU

 

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