Les enleveurs de sexes arrétés à Lomé

Publié le par lanouvellemarche

Le Chef de l’Etat, Faure Gnassingbé dans son adresse aux membres du gouvernement à l’occasion des vœux de l’année 2011 disait que « Les Togolais ne croient plus en leur dirigeants… ». Cet aveu d’impuissance devrait permettre au peuple togolais tout entier de prendre son destin en main. Oui, les Togolais ne croiront plus jamais en leurs gouvernants.

 

 

Le sketch que le très respectueux Lieutenant-colonel Yark Damehane, Directeur de la Gendarmerie, et son équipe, se sont évertués à présenter sur les antennes de la TVT le 17 novembre 2011 et repris par l’ensemble des médias, est encore la couleuvre de plus qu’on veut forcer les populations togolaises à avaler. Cela ne peut que servir à endormir les esprits faibles. Les 10 présumés auteurs des odieux crimes, interpellés par la Gendarmerie et présentés tambour battant à la presse dont la preuve d’inculpation n’est constituée que d’une seringue de sang dans une glacière, est une injure à l’intelligence humaine. La seule seringue contenant du sang est brandie par les brillants gendarmes togolais qui sont arrivés à déjouer par le passé de nombreux coups d’Etat, (du mensonge de Sarakawa au Kpathcagate en passant par le fameux mercenaire Lawson Merlot), n’ont eu de pièce à conviction qu’une petite seringue. Ce qui les conduira sans doute à un fragrant délit.

 

A-t-on analysé le contenu de la seringue avant de déclarer que c’est du sang humain ? Si oui, l’ADN se rapporte à laquelle des victimes ? Et si cela ne se rapporte à aucune des victimes découvertes, alors ce sang pourrait provenir d’un autre corps sans vie enterré ou dissimulé quelque part dans les nombreux et grands domaines luxueux érigés de façon insolente à travers le pays ou ailleurs. Le corps humain contient en moyenne 6 litres de sang. Un petit calcul permet de déduire que les auteurs de ces crimes crapuleux devraient recueillir environ 78 litres de sang (sur la base du nombre de 12 corps officialisés par la Gendarmerie) et cette seringue ne peut contenir que quelques 20 millilitres. Voilà l’importance que révèle la pratique de l’autopsie. Où sont donc passées les pièces détachées humaines (seins, vagin…) ?

 

Voici ce que nous confie un commissaire à la retraite au cours d’une discussion : « Un ami de la diaspora au lendemain de cette présentation des présumés assassins m’annonça « Mon frère, je pense que la Gendarmerie a mis la main sur les criminels mais ce qui est curieux, c’est qu’ils sont tous de chez moi… ». Je lui ai répondu : « C’est normal ». Il répliqua « Pourquoi ? C’est parce que c’est seulement nous qui nous accrochons au pouvoir vaille que vaille ? Ou c’est parce que nous courons trop derrière l’argent ?». J’ai répliqué :  « Peut-être. Mais il y a aussi des Fousséni dans le groupe». Après ce dialogue, je lui demandai d’aller sur le site de Liberté et de faire clic droit sur la photo pour la copier et la coller sur une page Word. Ensuite je lui demandai de positionner le curseur dans un angle de la photo pour l’agrandir après avoir mis la feuille en paysage. Quelques secondes après, il cria en ces termes : « Ce ne sont que des enfants. Non je ne crois plus à cette enquête de Yark car ces jeunes ne peuvent pas tuer une mouche. Pourquoi il ne va pas dans les Savanes pour chercher des pantins ?» Alors, vu qu’il est soulagé, je fis cette remarque : « Peut- être une fois encore, vous avez décidé de laver le linge sale en famille». Voilà une fois encore une facette des problèmes que vient de poser la Gendarmerie dans l’enquête préliminaire dans le cadre des tueries rituelles en série.

 

En analysant les aveux de ces jeunes dont l’âge est situé entre 18 et 30 ans, aucun d’entre eux ne reconnaît de façon formelle l’assassinat des personnes. L’enchaînement et la concordance des déclarations ressemblent à une répétition dans une salle de théâtre de débutants. Bref, de l’enfantillage. Aussi faut-il souligner que les Togolais dans leur liberté de choisir leur lieu de résidence et considérant leur mentalité, c’est bien drôle qu’il y ait une forte concentration des gens originaires des régions Centrale et de la Kara dans la zone où la Gendarmerie prétend avoir interpelé les prétendus criminels.

 

Cette vilaine comédie avait été déjà annoncée par les ODDH lorsque la Gendarmerie nationale prenait le plaisir de kidnapper de paisibles citoyens dans le quartier d’Akodésséwa et ses environs. Tous les prévenus dans l’affaire des meurtres sont jeunes, de sexe masculin, originaires des régions Centrale et de la Kara et sont tous localisés quelque part sur la route de Kpalimé d’où ils opèrent. Cette dernière partie aussi semble avoir été déjà entendue.

 

A l’analyse du mode opératoire des véritables auteurs de ces assassinats massifs, essentiellement de jeunes filles issues de familles très pauvres, « enlèvement en série, tuerie, mutilation et largage du reste des corps pratiquement au même endroit ou pas trop loin, des lieux supposés cernés par les forces de l’ordre, et sans être inquiétés », vu les parties des corps mutilés, « matrice, seins », et le prélèvement du sang, l’on n’a pas besoin d’être un Colombo pour déduire que ces opérations nécessitent d’importantes logistiques (domaine, véhicule, finance…), une bénédiction extrême et que les commanditaires et ou acheteurs ne peuvent qu’être de riches personnes ou haut perchées.

 

A défaut des explications et analyses que les enseignants chercheurs, les docteurs, les professeurs, les gardiens de nos us et coutumes et les hommes de Dieu qui devraient constituer la lumière pour cette nation devraient donner pour éclairer les populations sur l’époque douloureuse que traverse le pays, les populations vont se contenter seulement des propos du Pasteur Togbui sur une radio de la place. Quel échec de cette élite togolaise qui brille par son indifférence vis-à-vis des pauvres et par sa complicité active à la destruction de son pays? Ils sont tous câblés sur les chaînes satellitaires pendant que la terre dégringole sous leurs pieds. Et pourtant, le Griot des Monts Barba-Bassar de regretté mémoire Ambroise Ouyi Tassane, les exhortait déjà à l’époque dans l’une de ses chansons titrée REJAKI avec ces mots « Se taire, lire regarder sans voir, c’est tout ?… ». Leur attitude prouve que ces intellectuels n’ont rien compris de leurs rôles dans la société.

 

Ce courageux pasteur dans ses explications a été bref et concis. Dans la carma, on utilise le sein d’une jeune fille pour les rituels relatifs à la longévité et la matrice qui donne la vie, pour fabriquer de l’argent. C’est là où l’interrogation persiste: « Série de meurtres de jeunes filles à Agoé-Nyivé et à Adidogomé : Les meurtres ont-ils un lien avec les soubresauts politiques actuels au Togo ?» cfr Liberté n°1095 du jeudi 17 novembre 2011. Faut-il en déduire que l’ « Esprit nouveau » s’est totalement embourbé dans une dynamique sans issue pour que le pays se retrouve plus que jamais au bas de la morale ? L’indifférence et le cynisme des autorités dans la résolution de cette crise peuvent constituer des preuves suffisantes.

 

liberté-togo

Publié dans Le Togo comme il va

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