Levée de bouclier sur la proposition de loi sur le droit de grève : LE GOUVERNEMENT BENINOIS A RUDE EPREUVE

Publié le par lanouvellemarche

Alors que tous les Béninois croyaient que les mouvements de grève seraient un lointain souvenir compte tenu de l’accord signé entre les centrales et confédérations syndicales, qui octroie au travailleurs béninois 25% d’augmentation salariale, ils se rendent compte qu’ils sont loin d’être au bout du tunnel.

 

En effet, la proposition de loi actuellement sur la table des députés pour vote, est loin de faire l’unanimité et d’arranger les choses. Les travailleurs en général et les syndicalistes en particulier estiment que cette proposition de loi viole la loi portant constitution de la République du Bénin, comporte assez de dispositions qui portent gravement atteinte à la liberté syndicale. Selon eux cette loi risque de passer comme une lettre à la poste à l’instar de la loi sur la corruption vu la représentation majoritaire des mouvanciers à l’Assemblée Nationale.

 

 A en croire les syndicats, cette loi empêche toute possibilité pour les organisations syndicales d’aller en grève, Il favorise l’ingérence extrême du pouvoir exécutif dans la gestion des organisations syndicales, viole largement les principes de l’OIT sur le droit de grève,  liquide le contre poids que représentent les organisations syndicales dans le fonctionnement régulier d’un système démocratique. Déjà les centrales et confédérations syndicales affutent les armes et appellent leurs membres à rester mobilisés et en ordre de bataille pour faire voir de toutes les couleurs au gouvernement et aux députés censés la voter.

 

Dans le viseur, la rentrée scolaire prochaine. En effet, selon les informations, les travailleurs en général et les enseignants en particulier, pour protester contre cette proposition de loi qui limite le droit de grève en République du Bénin prévoient perturber la rentrée scolaire prochaine. C’est dire que loin de connaitre son épilogue comme annoncé, le débrayage dans l’administration publique a de beaux jours devant lui au Bénin. Devant cette situation, on est tenté de dire que cette initiative gouvernementale qui, au début avait pour but de réglementer et limiter la grève au Bénin est en passe de radicaliser les syndicats et envenimer la situation.

 

Devant la levée de bouclier, le gouvernement fera-t-il marche arrière ? Cette question mérite d’être posée quand on sait, qu’invité jeudi dernier sur Canal3 Bénin, Djibril Debourou, député de la majorité présidentielle laisse entendre que cette loi sera votée cette semaine. C’est dire que si cette loi venait à être votée comme le soupçonnent les travailleurs, cela voudra dire que le gouvernement voudra la mettre en application, toute chose qui envenimera la situation dans le pays. Il y a de fort risque que le mouvement se radicalise au niveau des syndicats. Partant de là, l’exécutif s’appuyant sur cette nouvelle loi  en gestation voudra de son coté faire respecter l’autorité de l’Etat. Bonjour les dégâts. Affaire à suivre.  

E. N.

Publié dans Le Bénin comme il va

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