Pas en Afrique seulement qu’on parle de molarisation de la vie publique

Publié le par lanouvellemarche

Moins de ministres et de parlementaires, une dose de proportionnelle et le non-cumul des mandats. Voilà l'esprit du référendum «de moralisation de la vie publique» que François Bayrou, candidat du MoDem à la présidentielle, organiserait dès juin, s'il était élu président de la République.

Un texte «simple, clair, sans aucun piège»

 

«Elu président de la République le 6 mai, j'organiserai le 10 juin, jour du premier tour de l'élection législative et en même temps que celle-ci, un référendum de moralisation de la vie publique en France», a-t-il annoncé, ce samedi, en conclusion du dernier des forums programmatiques de sa campagne, consacré au «nouveau pacte démocratique pour la France», à la Maison de la Chimie, à Paris.

Le référendum qu'il propose vise, assure-t-il à «rétablir les principes d'une vie démocratique saine et équilibrée».  «D'ici à l'élection présidentielle, une commission de juristes autour de moi s'attachera à mettre au point l'avant-projet de cette loi-cadre référendaire. Ce texte, je le veux simple, clair, sans aucun piège, afin qu'il puisse être lu et approuvé par le peuple français», a-t-il expliqué.

 

Les détails de la proposition de Bayrou


«Je soumettrai aux Français directement, avec le gouvernement que j'aurai nommé, une loi-cadre, conformément à l'article 11 de la Constitution de la République», a promis François Bayrou ce samedi.

Le centriste a par la suite donné les détails de cette loi-cadre : gouvernement resserré à moins de vingt ministres, cumul des mandats «interdit» pour les députés dès 2012 et «limité» pour les sénateurs, nombre de députés abaissé de 577 à environ 400, Assemblée nationale élue aux trois quarts au scrutin majoritaire actuel et au dernier quart à la proportionnelle, reconnaissance du vote blanc, obligation effective de parité hommes-femmes, suppression des micro-partis individuels, définition du conflit d'intérêt, interdiction du retour dans la vie publique des élus condamnés pour corruption, indépendance de la justice et des médias...

François Bayrou avait, dans la matinée,  entonné son refrain favori. «Cette semaine aura marqué un Ça suffit de la part des Français. Ils trouvent que franchement (...) le Sarkozy-Hollande et le Hollande-Sarkozy, ça suffit.» Après avoir dit halte à la «sarkhollandisation», le candidat du MoDem à la présidentielle, a affirmé en ouverture de son forum que les Français allaient refuser le «piège» de la bipolarisation PS-UMP en s'appuyant sur un sondage TNS Sofres selon lequel le trio de tête Sarkozy/Hollande/Le Pen est trop médiatisé pour une majorité de Français.

 

Bayrou dénonce «une bipolarisation à outrance, provocante, provocatrice»...


«La place qui est faite aux autres candidats qui représentent des courants importants de la démocratie française, le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle n'est pas trop grande», a souligné François Bayrou. Mais il s'est affiché résolument confiant, estimant qu'au moment «où s'ouvre réellement la campagne électorale», «les Français se rendent compte de l'impasse dans laquelle on essaie de les enfermer, avec une bipolarisation à outrance, provocante, provocatrice».

 

«Il y a là un piège duquel les Français vont se dégager. Ils vont imposer, comme ils le font chaque fois, que la présidentielle soit une élection de plein exercice, dans laquelle le premier tour joue son rôle, y compris son rôle de créateur de surprises. Ça a été le cas à chaque fois», a dit le député béarnais, en remontant à 1995.

S'exprimant à la tribune, devant un fond bleu d'où se dégageait un grand «Démocratie», il a souligné que «c'est le pouvoir des Français que de créer un deuxième tour et un paysage électoral inédits ne représentant ce que la routine des observateurs attendait».

LeParisien.fr

Publié dans le monde comme il va

Commenter cet article