PORTRAIT DU PDG DE CECO GROUP/ Constantin Amouzou, champion de la route

Publié le par lanouvellemarche

Constantin Amouzou est aujourd’hui un des grands bâtisseurs de routes, de ponts et chaussées et de bâtiments publics du Togo. Sa plus grande fierté: la construction – avec son entreprise Ceco BTP – de la première «autoroute», le boulevard Agbalépédo à Lomé, la capitale, sur cinq kilomètres dans la banlieue nord, avec un terre-plein central de douze mètres aménagé. Il y a un peu plus de dix ans, installé au fin fond du pays, armé de son expertise d’ingénieur agronome et porté par sa foi de religieux marianiste, l’homme accompagnait les populations rurales dans leurs activités de production agricole. «Je suis arrivé, presque sans le vouloir, à acheter des engins et à équiper le monde rural en infrastructures de base», s’étonne-t-il.

Aujourd’hui, il est le plus grand patron dans le secteur des travaux publics au Togo. Que de «pistes» parcourues depuis cette époque ! Le quadra s’est hissé avec habileté et discrétion dans ce milieu où tous les coups sont permis pour stopper l’ascension d’une entreprise et la vision d’un individu – vision qui n’était à l’origine ni adoubée, ni cooptée par les membres du pouvoir central de Lomé. Constantin Amouzou a dû faire face à bien des challenges. A l’instar de ce redressement fiscal de 150 millions de FCFA en 2011, qui n’a, heureusement, pas stoppé l’activité de Ceco BTP, devenu aujourd’hui un acteur incontournable sur le chemin du développement du Togo. « Chaque Etat qui veut construire son futur doit fatalement commencer par investir dans les infrastructures routières, ensuite les télécommunications et l’énergie. Les routes, c’est la base du développement », martèle-t-il.

Un quasi-monopole

L’entreprise est aujourd’hui leader dans son secteur d’activité, avec un volume de travaux exécutés de près de 11 milliards et demi de chiffre d’affaires, en 2012, et un carnet de commandes d’environ 86 milliards de FCFA, un record. Elle revendique aussi le plus grand parc matériel de travaux publics au Togo, avec 385 engins.

Enfin, Ceco est le plus grand employeur du pays après l’Etat. Environ 2 500 salariés pointent chaque jour à l’entrée du holding. L’entreprise compte entre autres des managers à haut potentiel et des brillants étudiants, sélectionnés avant même l’obtention de leurs diplômes. Ceux qui n’ont pas de formation sont recrutés, à condition qu’ils soient motivés. Ils sont alors intégrés dans un programme de formation. Pendant trois ans, ils sont rémunérés pour apprendre un métier ! Les cadres de la société, eux, bénéficient d’un recyclage régulier et de formations diplomantes à l’extérieur du pays. Depuis que le patron togolais a montré le savoir-faire de son entreprise de travaux publics, il a pu gagner au fil des années le respect de certains hauts fonctionnaires du gouvernement…

Constantin Amouzou aurait même l’oreille du président togolais, Faure Gnassingbé. Aucune question ne semble le gêner. Ses réponses sont directes, franches, sans langue de bois. Même quand elles font allusion à ces appuis de poids… «Je ne nie pas que je suis soutenu et heureusement d’ailleurs, mais les autorités ne soutiennent pas n’importe qui, mon entreprise est un levier de développement pour le Togo. Nous avons grandi parce que nous avons su saisir des opportunités… Alors, aujourd’hui, nous nous engageons à ne pas décevoir.» Ceco BTP bénéficie actuellement d’une situation de quasi-monopole, qui lui vaut la confiance des banques locales et de celles de l’extérieur. Elles se bousculent pour préfinancer les marchés gagnés par Ceco BTP. Tout le monde y trouve son compte y compris les pouvoirs publics. «L’avantage du préfinancement pour l’Etat, c’est que la mise en œuvre de ces projets revient moins chère. L’Etat y gagne, négocie les prix, poste par poste, parce qu’on n’est pas dans le cadre de l’appel d’offre mais dans l’entente directe.»

Une entreprise ambitieuse

Après des dizaines de routes, de ponts et de bâtiments publics plus tard, le patron de la holding Ceco Group rêve d’une capitale, qui, d’ici dix ans et grâce à une volonté politique forte en matière de logements, serait réhabilitée et à visage humain. Le roi du BTP a la conviction que la création de centres urbains périphériques pourrait servir de modèles à la réorganisation de la capitale et surtout permettre d’en finir avec cette anarchie urbanistique. En attendant cette hypothétique feuille de route, Constantin Amouzou projette la vision du futur de l’entreprise: l’implantation de Ceco BTP dans la plupart des pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CÉDÉAO), ainsi qu’en Angola et au Gabon. «Les choses semblent bien parties en Côte d’Ivoire. Au Liberia, nous allons convoyer bientôt les premières machines», assure le chef d’entreprise.

Le succès de Ceco BTP au Togo n’a jamais fait oublier au chef d’entreprise son activité première, le secteur agricole. Dans son groupe, constitué de six filiales, l’une d’elles lui est exclusivement réservée. Le « champion » de la route mise en effet sur l’agriculture, «futur relais de croissance». Constantin Amouzou entend accompagner son pays dans ce développement agricole. Performant dans le génie civil, expert de formation dans le secteur agricole, un entrepreneur togolais, il n’y a pas si longtemps, risquait sa vie lorsqu’il enfilait de tels succès!

Source : Forbes Afrique

 

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