Insécurité routière grandissante au Bénin : A QUAND LA DEMISSION DU DG AKPINFA ?

Publié le par lanouvellemarche

Une fois encore, l’un des véhicules techniquement inaptes mais laissés libres pour circuler sur les routes du Bénin vient d’ôter la vie à une jeune dame de vingt ans environ qui ramenait de l’école un enfant d’environ six ans. Paradoxalement, ce drame qui vient alourdir le bilan macabre du CNSR a la spécificité de se dérouler dans une ruelle située derrière le Ceg Houéyiho.


Loin de continuer par être considérées comme de vulgaires faits divers, les pertes commencent par inquiéter les populations à cause du très grand laxisme qui caractérise les services spécialisés chargés de veiller à la sécurité routière. Malheureusement, le CNSR (Centre National de Sécurité Routière) continue de se comporter comme s’il fallait atteindre des millions de morts avant que ses responsables ne prennent la menace au sérieux. Hier vers 13h, selon nos investigations, une jeune dame rend visite à une sœur. Peu après midi, la visiteuse accepte d’aller ramener le fils de sa sœur qui devrait rentrer de l’école après les cours de leçons de la matinée. Pendant que le petit garçon et sa tante avait déjà quitté la voie pavée et s’étaient engagés dans la petite ruelle de dix mètres qui conduisait vers le domicile des parents du petit, un fou de la route s’engage à vives allures dans cette même ruelle en marche arrière.  

La victime et le jeune écolier n’ont pas eu la chance d’échapper à la masse de fer qui affolait le compteur du tableau de bord aux mains d’un … montre. En moins de deux minutes, le corps sauvagement atteint de la jeune dame fut soustraite du dessous du véhicule. Aucune chance de survie ne lui accordée. Tellement sa tête était mutilée. Le véhicule est littéralement passé sur le corps frais à peine sorti de l’adolescence de la jeune dame. Elle devra rendre l’âme quelques minutes plus tard. Les sapeurs-pompiers vont effectivement confirmer la mort prématurée et brutale de cette âme qui n’a eu pour seul malheur que de vivre dans un pays où le service chargé d’assurer la sécurité routière est davantage soucieux de gains faciles. Aux dernières nouvelles, la vie du petit écolier est confiée au Tout puissant. Lui serait dans un état comateux. Quant au conducteur, il s’est évaporé dans la nature avant de revenir sur les lieux de son crime pour, cette fois-ci, chercher à emporter l’arme du crime, son crime.


Difficile cohabitation entre politique et sécurité routière


Si ailleurs tous les véhicules qui circulent sont à jour vis-à-vis d’un service d’assurance et que le contrôle est effectivement effectué, le Bénin échappe depuis très longtemps à ce critère. Notre pays est probablement l’un des rares au monde où le code de la route est quotidiennement foulé aux pieds. D’abord, l’activité de transport n’est pas bien perçue comme une profession qui obéit à des critères sélectifs. Un nombre non négligeable de fonctionnaires de police, des cadres de l’administration publique ainsi que la plupart des hommes politiques sont propriétaires de véhicules de transport afin d’arrondir leur fins de mois. Dans ce conteste, on image comment la tâche des « petits » policiers chargés de vérifier puis de verbaliser d’éventuels contrevenants est difficile voire impossible. Et au lieu de s’occuper effectivement de la sécurité routière, la plupart des dg du CNSR rasent d’abord les murs des hommes politiques pour se faire nommer. D’ailleurs, depuis bientôt une décennie, les dg du CNSR n’ont presque jamais le profil adapté à la fonction.


Il faut remarquer que cet attrait à diriger coûte que coûte le CNSR est apparu dès le début de la décennie précédente. A l’époque, le CNSR venait de commencer le contrôle technique des véhicules d’occasion. Or ce fut l’âge d’or de cette activité si rentable. Du coup, tous les politiciens veulent avoir la main mise sur cette mine d’or. Les malversations se multiplièrent au rythme des changements de ministres chargés de tp. Curieusement, aucun gouvernement n’a réellement cherché à voir clair dans la gestion financière de cette commune vache à traire de certains hommes politiques. Sauf le cas d’aujourd’hui où l’Inspection Générale de l’Etat est dans les murs du centre. D’après des indiscrétions, le dg AKPINFA devra fournir encore des explications. On annonce que sauf intervention politique, tous les principaux dirigeants du CNSR ces dix dernières années devront passer voir Monsieur le Procureur de la République territorialement compétent.


Hier comme depuis des années, les populations seront toujours contraintes à subir la commune folie meurtrière des autorités politiques complices de la gestion catastrophique de la sécurité routière au Bénin. Et pour consommer quelques crédits budgétaires, les uns et les autres vont bientôt sortir pour « aider » les usagers de la route à finir en tranquillité la fin de l’année. Pendant ce temps, les gros porteurs et les petits porteurs, visite technique adéquate continuent d’aller charger des marchandises à l’intérieur du port de Cotonou pour ensuite avaler des dizaines de kilomètres sans la moindre inquiétude. A l’œil nu pourtant, on découvre l’état dangereux de leurs pneus. Sur les gares routières, fourmillent également des engins de la mort sans que cela ne dise rien à Monsieur AKPINFA. Décidément, à combien de morts évitables va-t-on prendre au sérieux la question de la sécurité routière au Bénin ?


Claudine Dègla (L’Autre Fraternité) 

Publié dans Le Bénin comme il va

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