PRISE ILLEGALE D’INTERETS SOUS LA REFONDATION : LAMBERT KOTY MINISTRE DES TP ET ACTIONNAIRE DANS AGETUR SA !

Publié le par lanouvellemarche


(Sa démission est nécessaire pour honorer la bonne gouvernance)

              Transmise dès le 29 mai dernier et connue du grand public aussitôt le lendemain, la composition de l’actuelle équipe gouvernementale ne cesse de susciter des réactions bien variées. Pour la gente féminine, le chef du gouvernement, Boni YAYI et non le premier ministre KOUPAKI, a tenu, pour une rare fois, à ses innombrables promesse de tout genre. Il nomme au moins 30% de femmes. Si d’autres points demeurent l’objet de vives critiques au sein des états major politiques, c’est l’entrée au gouvernement du PDG de AGETUR Sa qui constitue un véritable sujet à polémiques.

                             Conformément à la constitution en vigueur au Bénin, le chef de l’Etat est chef du gouvernement et c’est bien lui, seul, qui nomme les ministres après avis consultatif du bureau de l’assemblée nationale. L’un des alinéas de l’article 54 de cette même constitution déclare que c’est encore le chef de l’Etat qui fixe les attributions de ses ministres et met également un terme à leurs fonctions. Dès lors, on doit accorder à Boni YAYI le privilège constitutionnel de choisir qui il veut pour venir l’aider au sein de son gouvernement à exercer le pouvoir que le peuple béninois lui a « librement » accordé. Toutefois, l’article 52 de cette même loi fondamentale prescrit expressément que :

                              «  Durant leurs fonctions, le Président de la république et les membres du gouvernement ne peuvent par eux-mêmes, ni par intermédiaire rien acheter ou prendre en bail qui appartienne au domaine de l’Etat sans autorisation préalable de la Cour Constitutionnelle dans les conditions fixées par la loi ;

                                Ils sont tenus, lors de leur entrée en fonction et à la fin de celle-ci de faire sur l’honneur une déclaration écrite de tous leurs biens et patrimoines adressée à la Chambre des Comptes de la Cour Suprême ;

                            Ils ne peuvent prendre part aux marchés de fourniture et aux adjudications pour les administrations ou institutions relevant de l’Etat ou soumises à leur contrôle. »

              Dansces conditions, on découvre avec une déconcertante simplicité que l’entrée au gouvernement du Président Directeur Général de AGETUR pose vraiment problème. Pourquoi ? En sa qualité de PDG de AGETUR SA pendant plus de dix ans, Lambert KOTY s’est surtout spécialisé dans la maîtrise d’ouvrage délégué. En clair, AGETUR SA se comporte légalement comme une entreprise à qui l’Etat béninois concède son rôle de gestion de ses grands ouvrages. En conséquence, Lambert KOTY, envers qui rien de malveillant n’est reproché au plan technique doit être au moins un actionnaire de AGETUR SA (Cf. l’Acte Uniforme de l’OHADA) qu’il dirige vraiment bien et d’une main de maître. D’ailleurs, tous les Béninois connaissent ce visage rayonnant qui dirige la plus grande part des chantiers publics d’envergure. Alors, il se pose inévitablement la question de savoir si, d’abord, Lambert KOTY a déjà observé toutes les prescriptions constitutionnelles en vigueur en allant faire sa déclaration de patrimoines. On imagine le volume de ce dossier !  Ensuite, plusieurs compatriotes aimeraient savoir si, au moins, Lambert KOTY a pris grand soin de démissionner de son poste de PDG d’AGETUR SA.

Délit d’initiés ?

                   Ces préoccupations ne sont pas du tout du domaine du superflu car selon plusieurs renseignements officiels, AGETUR SA avait obtenu et cumule, avant l’entrée de son PDG au gouvernement, des marchés publics dont le coût peut être chiffré à environ 15.000.000.000 (quinze milliards) de nos francs. Le plus inquiétant est que la plupart des ces marchés étaient et demeurent non encore réalisés au moment où nous mettions sous presse. Alors, on se demande selon quel miracle celui qui obtenu ces marchés pourrait aujourd’hui venir se surveiller voire se sanctionner en cas de défaillance. A l’ère dite de la Refondation, Boni YAYI a certainement la réponse à ces interrogations qui tourmentent ses compatriotes. Même en démissionnant de AGETUR SA, Lambert KOTY demeure actionnaire de cette même entreprise. Du coup tous ces marchés publics qu’il avait signés passent désormais sous son contrôle en qualité de ministre de tutelle. Est-il le seul Béninois capable aujourd’hui de conduire ce névralgique département ? Y a-t-il un deal secret entre lui et YAYI ?  Toujours est-il que l’opinion publique veut comprendre ce qui a contraint le président de la République à confier ce département à Lambert KOTY.

                Loin de jeter l’opprobre sur un individu qui a fait et continuera certainement de faire la fierté de notre pays, il devient opportun que les Béninois exigent des comptes à une entreprise qui est le maître d’ouvrage délégué de la quasi-totalité de tous les marchés publics pour la réhabilitation de la cité historique d’Abomey tout comme AGETUR SA est très présente dans la mise en état de la ville de Natitingou, où sera célébré le 51 ème anniversaire de l’accession de notre pays à la souveraineté internationale. Pour ses détracteurs qui ne sont pas des moindres, un audit de tous les chantiers passés sous contrôle de AGETUR SA est absolument nécessaire pour évaluer les éventuels dégâts. Pour ces mauvaises langues, une vérification exhaustive des salles de classes réalisées dans le cadre de la réhabilitation de l’école, décrétée par Boni YAYI risque de réserver des surprises désagréables. 


Claudine DEGLA (L'Autre Fraternité)

Publié dans Le Bénin comme il va

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